Douterce n'est pas renoncer à la vérité a. Le doute comme instrument de la sagesse Il est parfois nécessaire de douter pour que certaines vérités s’établissent. Si le doute sceptique est l’équivalent de l’épochè des Grecs, c’est-à -dire équivalent à la « suspension du jugement », c’est parce que la vérité est trop difficile à trouver pour que nous puissions y
Leverbe être, quand il est employé comme ici au sens relatif, peut signifier la réciprocité, le caractère convertible d’un jugement. Autrement dit, ici, les actions de douter et celle de renoncer à la vérité seraient réciproques, c’est à dire que la première découlerait de la deuxième et inversement. On voit ici une première
Ledoute méthodique. Douter de tout, ce n'est pas renoncer à la vérité, c'est plutôt vouloir affirmer une vérité, à savoir qu'il n'y a pas de vérité. Cette démarche est contradictoire. On renonce à chercher, mais on ne renonce pas totalement Ã
Jugementaussi sévère que classique, mais fort contestable : en vérité, il est un bon usage du doute sceptique, qui représente une magnifique expérience de la liberté de la pensée. En dévoilant l’inessentialité de ce qui semble avoir une validité, le doute sceptique dissout tout clans la conscience de soi. Parce qu ‘il est la
44Fairede la logique mathématique la référence de la vérité, faire d’un savoir bien particulier la référence à la vérité, c’est sans doute ce à quoi se réfère Lacan dans le passage sur le non-su de sa « Proposition » Cette « Proposition », il faut bien s’apercevoir qu’elle n’est pas sous le régime de la première distinction vérité/savoir. Elle n’est pas
publiqueen montrant qu’il n’y avait aucune vérité en matière de justice, ce qui interdisait tout jugement. Derrière la péripétie se cache une tendance profonde de la pensée humaine, dont le scepticisme antique est sans doute le meilleur exemple, qui consiste à remettre en question la vérité, du simple fait que le doute puisse s’introduire dans n’importe quelle pensée.
ladécouvrir ainsi qu’elle est. On est donc bien fondé à parler de la vérité au singulier et en un sens absolu. La vérité est ce qui se reconnaît : on peut décliner cette idée selon diverses modalités (reconnaître une erreur, un crime, c’est dévoiler la vérité ; reconnaître c’est aussi constater
s7w5bh. L'analyse du professeur Alain déclarait que le doute est le sel de l’esprit », en précisant que si croire est agréable », c’est pourtant une ivresse dont il faut se passer », sinon adieu à liberté, justice, paix ». L’implacable sentence qu’il prononce a ainsi de quoi faire frémir, mais le beauté de la formule ne peut cacher l’hésitation bien légitime de celui qui a une fois osé le doute. Descartes lui-même avouait, pour les mœurs, qu’il est besoin parfois de suivre des opinions qu’on sait fort incertaines ». Or les mœurs ne sont autres que les comportements des hommes, leurs actes, c’est-à -dire ce qui est justement la manifestation exemplaire de leurs libertés. Faut-il alors penser que le doute est une entrave à la liberté ? Faut-il à l’inverse supposer que le doute la permet ? L’épineuse question révèle sa portée dès l’instant où l’on prend la mesure de l’exigence dubitative. Il ne s’agit pas simplement en effet de mettre à distance son accord, de critiquer en surface un point de vue le doute est fondamentalement existentiel, puisqu’il touche au critère de la vérité, au fondement du juste, au sens même de la conviction nécessaire à toute pensée et toute action. Douter vraiment, c’est se retrouver seul au monde, sans certitude aucune. Si tout nous échappe, comment retrouver une assise, comme faire des choix, c’est-à -dire tout simplement être capable de peser le pour et le contre afin de décider sans entrave du comportement à tenir ce qui est le sens même de la liberté ? Nous nous attacherons d’abord à montrer que le doute est le résultat de la déstabilisation, et ne peut à cet égard être considéré comme une démarche positive. Nous en viendrons toutefois à saisir que l’aliénation apparente du doute produit une crise et un sursaut de la raison, qui se trouve alors en mesure de faire table rase de ses handicaps afin de poser les vraies questions du choix. Nous montrerons cependant et enfin que ce pouvoir du doute n’est pas dépouillé d’ambiguïté, puisqu’il conduit à une affirmation sans fin de soi, particulièrement risquée pour celui qui se soucie des conséquences de son action et des effets de sa liberté. ...
Sur le chemin de la Lumière, la rencontre avec la Vérité, Philippe nous propose un conte initiatique pour sortir des ténèbres, ouvrir les yeux, aller vers l’autre, vers du Chapitre I de la Constitution de la Grande Loge de France Dans la recherche constante de la vérité et de la justice, les Francs-maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite. LA QUÊTE DE VÉRITÉ. La Franc-Maçonnerie N’impose aucune limite à la recherche de la Vérité » Et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance », et c’est pour ce noble et ambitieux dessein que je suis en chemin »… MAIS Attention…ne pas se méprendre et entendre par aucune limite » que TOUT est possible…Non bien sûr que non, la torture par exemple pour arracher un aveu est à proscrire avec la dernière énergie…, d’ailleurs patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… »…N’est-ce pas mes Biens Aimés Frères ?Donc…Je tenterai de vous dire ma Vérité ce soir, mais pas la Vérité », non pas que je craigne d’être exécuté comme le chante Guy BEART, mais tout simplement parce que je suis en chemin, je la cherche, je la veux de tout mon cœur et de toute mon âme. Un ami m’a dit un jour La vérité n’existe pas… », mais s’il avait raison ce serait alors un fieffé menteur, car affirmer qu’une chose n’existe pas la vérité, revient à mentir, à déclarer qu’elle existe…Ainsi donc j’essaierai de vous dire ma » vérité, celle qui me construit, celle qui m’indique un chemin mal balisé et sinueux pour avancer et me dresser un jour prochain, pour tenter, en me tordant le cou, d’entrapercevoir le faîte de mon temple où siège l’espérance. D’ailleurs devant l’apparente complexité du sujet, il m’est apparu plus naturel de vous le conter plutôt que de vous le dire…ainsi…Il était une fois…par une nuit noire, très noire, un homme hagard déambulant, passif, cauchemardant, suivant des traces de pas et de sueur…Les ténèbres avaient envahi les lieux, les arbres frissonnaient sous la baguette d’un vent hivernal, froid. La forêt toute entière geignait. L’homme remonte la fermeture éclair de sa parka ; il fait si froid !Il s’est retourné tout à l’heure, une fois, une seule fois, mais sans rien apercevoir, d’ailleurs qui cherchait il ? Quelle aide opportune ? Il semble si seul !Une lune pâlichonne troue parfois les cimes des arbres alentour, révélant des strates de brume sale. Il avance à vive allure, sait déjà qu’il ne les rattrapera pas, d’ailleurs pour quoi faire ? En plus Ils sont sûrement déjà loin. Il refoule ses larmes. Elles viendront plus tard. Sans doute. Ils » lui avaient révélé l’existence du livre. Alors Il s’est mis en route à sa recherche. Ils lui avaient dit qu’IL était unique ; qu’il lui révèlerait tout, enfin, presque tout. La température a chuté brutalement. Il voudrait rebrousser chemin tant il redoute sa lecture, et en même temps il a envie de courir pour savoir, vite. La nuit est tombée brutalement. Une nuit d’hiver glacée épaisse qui vous pénètre par tous les pores de la peau. Il distingue à peine le chemin ; un chemin sinueux et boueux. Tout semble calme alentour hormis ce vent qui bruyamment glapit à fendre l’âme jusqu’à faire vaciller la plus profonde est seul au milieu de la nuit guettant un signe, un indice une cadran de sa montre il est déjà minuit 30. Au fait combien de temps cela fait-t-il qu’il marche ? Cinq, dix heures peut être davantage, peut être depuis des jours, des années… ? Il sait confusément qu’il ne s’en retournera pas. C’est un voyage sans retour. En tout cas tant qu’il ne saura pas, tant qu’il n’aura pas assouvi sa curiosité, sa soif de savoir, enfin, alors il ne s’en retournera pas. Qu’importe le temps, le froid, la faim qui le tenaille à présent et ce sentiment d’une insondable solitude qui l’oppresse sur le chemin. Non Il ne renoncera pas. Il doit trouver rapidement un refuge pour y passer la nuit, chasser les ténèbres, se restaurer, dormir, ou en tout cas se reposer, ne plus penser quelques heures, oublier le livre et ce qu’il renferme, fermer les yeux et tenter d’écarter ce sentiment d’impuissance, d’abattement, qui freine son impossible vue d’un possible refuge se découpe à la croisée d’un chemin, tout proche ; il s’agit d’une maisonnée du toit de laquelle s’échappe une fumée prometteuse. C’est une très vieille bâtisse ; tout en bois, défraîchie, vermoulue, et cependant resplendissante ; mémoire du temps jadis, et gardienne des lieux. Tout semble à l’abandon alentour ; jardin envahit d’herbes et de plantes sauvages, véranda effondrée…Le temps a fait son œuvre ; il a signé son forfait avec outrance, tout n’est plus que désolation, mémoire déchiquetée, absence…Il s’élance à grand pas vers l’entrée salvatrice. Il frappe à coups répétés la lourde porte de vieil homme vient lui ouvrir. Il sourit. Il ne prononce aucun mot mais s’efface pour le laisser entrer. Il lui désigne une table où s’entasse pèle mêle, pain, charcuterie, fromages et vin. Le voyageur reste interdit fixant avec une certaine avidité la table si bien garnie. Il fait un pas, puis un second, et fini par s’attabler comme son hôte l’y avait vieil homme qui le fixe avec un regard doux et bienveillant parle enfin. Il lui apprend qu’il l’attendait. Qu’il est en retard, mais, n’est-ce pas, ajoute-t-il, le temps ne compte pas. Le temps ne suspend pas son vol, ni les heures propices leurs cours, comme le déclarait l’illustre poète. C’est déplorable, vraiment, mais c’est ainsi ! Il faut du temps pour que la maturité fasse son œuvre, et l’amour est le maître mot. Il détermine et enracine nos choix. Il rend, au fil du temps, le cherchant plus fort et conquérant, pour de nobles desseins et de justes causes. Tout passe par la générosité, la justesse, et la maîtrise de nos sentiments. C’est un lent processus en perpétuel accomplissement, visant la perfection, et c’est cela de la bonne gouvernance » pour que s’accomplissent nos destins, et que finalement et symboliquement nous devenions Maîtres » de nos vies ».Il lui dit encore qu’il a écrit la première des mille et une pages du livre. Qu’il trouvera, jour après jour, des portes qui s’ouvriront, pour le restaurer, pour sustenter son corps et son esprit pour le nourrir d’un idéal salvateur et glorieux. Il lui apprend également que le livre est inachevé, qu’il en écrirait lui-même les plus belles pages à la condition qu’il persévère, qu’il en sera toujours ainsi, que la fin est sans voyageur est resté coi. Il dîne goulûment, puis, rassasié, s’apprête à sortir pour se remettre en chemin. Mais le vieil homme lui barre la route et lui indique une couche où il pourra se reposer. Puis il prend congé de son sommeil ne viendra pas cette nuit. Il repense aux paroles du vieil homme. Il est dans le livre, il en a déjà écrit la première page, d’autres viendront... Qu’est-ce que tout cela signifie, et où, puis jusqu’où aller ?Le lendemain matin il ne trouve pas le vieil homme à son réveil. Mais une courte lettre ainsi rédigée. Bonjour mon cher ami. J’espère que la nuit fut réparatrice, dans toute l’acception du terme. Restaurez-vous à nouveau. Puis reprenez votre route. Sans hâte. Apprenez à écouter et à voir, le chemin est tout autant devant vous que derrière vous, en haut en en bas. Il n’y a pas d’itinéraire privilégié sinon celui que vous dictera votre cœur. Sachez l’écouter. Apprenez et restituez l’enseignement que vous aurez reçu, alors un jour prochain, qui est encore loin, on vous qualifiera de sage, ou mieux encore d’homme VRAI. Signé Votre ami B… »Il se remit alors en chemin, l’esprit plus alerte, la démarche plus assurée, et, tandis que les questions se bousculent encore, si nombreuses, si dérangeantes parfois, il sent quand même, imperceptiblement, que sa résolution toute neuve, si soudaine qu’il ne parvient pas encore à la définir ni même à la nommer, a chassé une partie de ses doutes, il entreprend alors de raisonner, de faire preuve de discernement. Il commence par retracer les quarante premières années de sa vie, les personnes qu’il a connues, aimées, haïes, blessées, les pays qu’il a foulés, ainsi que toutes les occasions qu’il a manquées, et bientôt, à force de penser, à force de se maudire, se profile un dessein, une issue, un possible a ralenti son pas, et prend conscience des beautés qui l’entourent. Un soleil, encore timide favorise sa progression, et l’espoir affleure, enfin. Il s’imagine alors touchant au cœur de la raison inavouée de ce cheminement, à savoir la mise en œuvre et en forme de sa vie sociale, ignorant encore que s’engage une autre quête toute spirituelle, éternelle, qui le laissera, plus tard, beaucoup plus tard, frustré mais heureux. Il comprendra demain, plus tard, quand il sera prêt, les paroles du vieil homme, à savoir qu’il vivra encore plusieurs centaines de fois ces instants rédempteurs, lumineux, cette résurrection » toujours recommencée, toujours inachevée, relayée par les maillons d’une chaîne immense ; elle garantira la tangibilité de sa quête, celle d’un universel bonheur ; elle lui dévoilera maints secrets, elle les réinventera, et les justifiera ; le doute subsistera bien sûr, mais, ce faisant, il se rapprochera de son parachèvement…Cependant le chemin est long, sans fin, à l’instar de l’incommensurable cosmos ; en plus il est parsemé d’embûches et de larmes, le défi est immense, mais la victoire ,en Vérité, est si belle…Nous naissons, grandissons, et pour la plupart, nous épanouissons, au moins au sens des vérités qu’on nous a inculquées, dans un parfait anonymat. Nous nous fondons dans une masse d’individus soumis aux mêmes rites, aux mêmes règles du fameux vivre ensemble », tout semble si juste et si parfait dans cet univers aseptisé qui nous sert de chaudron...Nos miroirs sont impuissants à nous dévoiler le tréfonds de notre âme, à nous révéler notre part de Vérité, d’authenticité, tout ce qui s’agite, ou devrait s’agiter, à l’intérieur, sous les couches soigneusement étalées de notre pudeur loges peuvent alors servir de révélateur. Elles peuvent réveiller le bâtisseur qui sommeille en chacun de nous, et le tirer vers la surface, le révéler à lui-même, lui apprendre, pour qu’il le décline à l’infini, à tous les modes et toutes les modes, le verbe penser, jusqu’à lui faire oublier l’autre verbe panser qu’il déclinait si souvent avant, quand il se sentait blessé, rejeté, haï, ou tout simplement oublié. Alors l’homme vrai pourra naître ; il sera en capacité de secouer ce monde endormi ; la vigilance restera de mise et le combat est permanent parce que tapi dans la pénombre de nos âmes, l’indignité sommeille… Je nous vois comme des ambassadeurs, les pionniers d’une nouvelle race d’hommes et de femmes qui aiment la vie, passionnément, et qui veulent humblement et patiemment partager cet amour-là jusqu’à l’avènement de la l’aimable autorisation de l’auteur. La lumière au-delà de la lumière ne se contemple jamais mieux en cette vie qu’en cheminant dans la SILESIUS LIVRE IV, 23. HUMOUR LA LUMIÈRE QUI NE VIENS PAS TOUJOURS D'OÙ ON L'ATTEND
Résumé du document On peut nommer doute autant l'absence de certitude que l'attitude réfléchie, volontaire et critique devant ce qui se présente comme une vérité afin de l'examiner et d'en mettre à l'épreuve le bien fondé; en tous les cas, il va s'agir de suspendre son jugement. La vérité quand à elle est adequatio rei et intellectus » selon saint thomas d'Aquin, une correspondance parfaite entre l'esprit qui connait et ce qui est à connaitre. Sommaire I. Ainsi et dans un premier temps, le doute et la v?rit? semble ?tre antith?tiques II. Nous disposons d?un ensemble de connaissances pour lesquels on ne cherche pas n?cessairement ? les interroger pour en mesurer la validit? III. Si le doute ne signifie pas renoncement ? la v?rit? mais son n?cessaire passage, il ne faudrait pas si vite penser que la partie est gagn?e Extraits [...] Le doute peut ne pas être un renoncement à la vérité. Comme absence et suspension de toutes nos certitudes, il devient en même temps attitude choisie et murie en vue d'une mise à plat de l'ensemble de nos savoirs. Le doute devient une méthode d'investigation et permet au philosophe de s'intéresser à la vérité sous toutes ses formes Vérité des sens, vérité physique, vérité mathématique, existentielle douter est l'étape Nécessaire de tout cheminement vers une connaissance vraie, c'est-à -dire indubitable puisque fondée, interrogée. [...] [...] Douter, est-ce renoncer à la vérité ? On peut nommer doute autant l'absence de certitude que l'attitude réfléchie, volontaire et critique devant ce qui se présente comme une vérité afin de l'examiner et d'en mettre à l'épreuve le bien fondé ; en tous les cas, il va s'agir de suspendre son jugement. La vérité quand à elle est adequatio rei et intellectus selon saint thomas d'Aquin, une correspondance parfaite entre l'esprit qui connait et ce qui est à connaitre. Ainsi et dans un premier temps, le doute et la vérité semble être antithétiques. [...] [...] Bien au contraire est reprendre blaise Pascal dans l'esprit de géométrie et de l'art de persuader, les mathématiques sont édifiées sur un socle ou ne reposent que des évidences inscrites dans des axiomes, des postulats rendant infaillibles les démonstrations. C'est l'absence de doute qui fait des mathématiques le modèle de l'accès à la vérité. Pourtant, ne peut-il être utile et au nom de la connaissance de remettre en question ce que l'on a pensé vrai jusque là . Une fois dans notre vie, ainsi que nous y invite René Descartes, faisons-en à la démarche. [...] [...] Et comment, en effet, le contester ? Tous les hommes disposent des mêmes sens leur offrant les perceptions du monde dans lequel ils vivent mais est-ce à dire que le monde, en soi, est tel que ce que nous en percevons ? Emmanuel Kant expose dans la Critique de la Raison Pure tout le cheminement de la connaissance pour nous faire comprendre que nos connaissances ne sont que relatives à nous-mêmes. L'entendement dispose d'outils, de catégories grâce auxquels nous ordonnons le monde et le comprenons mais cette compréhension quoique taxée de vérité ne fait que conforter l'idée selon laquelle nous nommons vrai ce qui, en réalité, nous apparaît être tel. [...] [...] L'entendement est borné à des phénomènes. La réalité ne semble pas limitée à ce que nous en percevons et ce que nous en comprenons ; ce qui explique les progrès, les crises aussi des disciplines les moins contestées telles que les sciences physiques et les mathématiques. Ainsi, de douter peut au moins être une méthode pour accéder à la vérité et au plus la lucidité devant laquelle nous devons nous incliner. La vérité, toute relative n'en demeure pas moins effective même si comme absolue elle ne demeure qu'un horizon indépassable. [...]
Il y a 45 ans, en 1977, paraissait en français l’ouvrage très fouillé d’Ignace de la Potterie sur La vérité dans saint Jean. C’est le même thème que se propose d’explorer, non plus en deux tomes et 1128 pages bien comptées, mais plus modestement et de façon moins technique, en un peu plus de 150 pages, le petit livre de haute vulgarisation que vient de publier Yves-Marie Blanchard L’enquête ici entreprise, écrit-il dans l’introduction, n’aura d’autre visée que, sinon définir, du moins circonscrire l’idée de vérité selon saint Jean. » La notion de vérité est en effet centrale dans la littérature johannique. En plus du substantif alètheia vérité », présent 25 fois dans l’évangile et 20 – plutôt que 15, tel qu’indiqué, par inadvertance sans doute, à la p. 126 – dans les trois lettres, on y trouve encore à 30 reprises les adjectifs alèthès vrai » et alèthinos véritable » et à 8 reprises l’adverbe alèthôs vraiment, véritablement », pour un total de 83 occurrences en 28 chapitres. Une notion complexe, comme le laisse déjà entrevoir par anticipation l’introduction Telle nous apparaît … la vérité selon saint Jean fluide et dynamique, vivante et quasiment insaisissable, en tout cas proposée à la recherche et donnée à découvrir peu à peu, au fil des lectures et relectures. » p. 15 Une chose du moins se dégage clairement, maintes fois répétée de diverses manières d’un bout à l’autre de l’enquête, à savoir ce que n’est pas la vérité johannique En tout cas, elle ne désigne ni un corps de doctrines, qu’il suffirait d’assimiler intellectuellement, ni une réalité abstraite et purement spirituelle, inaccessible par nature. … Il ne faudrait pas … enfermer la vérité dans le carcan d’affirmations abstraites ou théoriques. La vérité chrétienne est tout autre que notionnelle ou dogmatique… » Qu’est-ce donc, en positif, que la vérité ? À cette question posée par Pilate à Jésus Jn 18,38, l’ouvrage, tenant compte de ses dimensions restreintes et renonçant à l’exhaustivité, choisit de répondre en six chapitres, cinq se rapportant à l’évangile et un dernier aux trois lettres johanniques. Chacun d’eux présente trois sections organisées autour d’un thème plutôt que selon l’ordre strict des écrits, ne s’interdisant ni retours en arrière ni projections en avant dans le cours de l’évangile » p. 14. Ainsi, le chapitre I Grâce et vérité » considère d’abord les premières occurrences du thème dans le prologue 1, puis le triptyque chemin, vérité et vie » 14,6, pour revenir à l’expression en esprit et en vérité » présente en 4,23-24 dans le dialogue avec la samaritaine. Le chapitre II Mensonge et vérité » se concentre presque exclusivement sur les controverses de Jn 7-8, dont il présente en trois étapes une sorte de commentaire attentif à situer et à éclairer les occurrences du thème. Appliqué à en dégager certaines implications éthiques, le chapitre III Faire la vérité », scrute d’abord le sens de la formule de Jn 3,21, où la vérité apparaît comme l’opposé du mensonge, lui-même relié au meurtre. Il passe ensuite à la grande prière finale de Jn 17 où la vérité est mise en relation avec la sanctification des disciples 17,17 et leur communion dans l’unité 17,21-23. Revenant ensuite à Jn 14-16, le chapitre IV L’Esprit de vérité » porte sur les cinq promesses du don de l’Esprit Saint dans le discours d’adieu et sur sa désignation comme Pneuma tès alètheias voisinant celle de Paraklètos. Intitulé En vérité », le chapitre V vient clore l’enquête à … Parties annexes
Au doute sceptique on oppose le doute méthodique, point de départ de la philosophie de Descartes 1591-1650. Le doute devient, avec Descartes, à la fois un processus et une méthode, grâce auxquels on pourra parvenir à la vérité. À l’origine de ce doute est la conviction qui anime Descartes, selon laquelle les vérités de son temps sont fausses Il y a déjà quelque temps que je me suis aperçu que, dès mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; de façon qu’il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie de me défaire de toutes les opinions que j’avais reçues jusques alors en ma créance, et commencer tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences. » Méditations métaphysiques, 1641, Première Méditation. On comprend ainsi que la vérité ne pourra être établie que lorsque les prétendues vérités de son temps auront été détruites ; il faut donc établir une méthode, c’est-à -dire procéder avec ordre et de manière rigoureuse, afin que ces vérités puissent être analysées et déconstruites ». Le processus mis en œuvre est celui d’un doute radical », dans la mesure où il faut douter même de ce qui n’est que vraisemblable ». C’est pourquoi ce doute radical » est dit hyperbolique », c’est-à -dire exagéré ; d’où l’hypothèse, proposée par Descartes, d’un malin génie », qui serait là pour lui montrer que tout est faux Je supposerai donc qu'il y a, non point un vrai Dieu, qui est la souveraine source de vérité, mais un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant qui a employé toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l'air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les choses extérieures que nous voyons, ne sont que des illusions et tromperies, dont il se sert pour surprendre ma crédulité. Je me considérerai moi-même comme n'ayant point de mains, point d'yeux, point de chair, point de sang, comme n'ayant aucun sens, mais croyant faussement avoir toutes ces choses. » Méditations métaphysiques, Première méditation Ainsi, les vérités pourront être rétablies, de façon certaine. Descartes ne doutera plus de l’existence de ces vérités.
douter est ce renoncer à la vérité